La culture Occitane

En 2016 apparaît sur la carte de France, entre Rhône et Pyrénées, une nouvelle région du nom de Occitanie.

Sur ce même territoire, et avec quelques variantes, l’appellation Occitania ou Occitanie a été utilisée presque sans interruption, pendant plus de 500 ans de la fin du XIII° jusqu’à la fin du XVIII° siècle, par les rois de France, les Parlements successifs et les états du Languedoc. Au milieu du 19ieme siècle, les linguistes, poètes et écrivains s’emploieront à désigner sous cette même appellation, tout l’espace de la langue d’oc ou occitan.

Le nom Occitanie recouvre donc deux réalités aussi légitimes que différentes. Il en est de même pour d’autres territoires tel que l’Europe (Union européenne et Europe de l’Atlantique à l’Oural, Europe du Bosphore au cap Nord…) ou l’Amérique (du détroit de Béring au cap Nord, les USA…).

La Croix occitane, anciennement Croix du Languedoc, figure sur de nombreux blasons ou logos de régions, villes, organismes et associations des pays occitans, entre Italie et Catalogne. Ses origines sont incertaines et ses significations diverses, solaires, zodiacales, voire ésotériques.

La Croix occitane, caractérisée par ses douze bulles ou pommettes, apparaît dès la deuxième moitié du XI° siècle sur les blasons des Comtes de Toulouse. Elle sera abondamment reprise depuis ce 11ieme siècle. La Croix occitane est aujourd’hui un des emblèmes majeurs des deux acceptions de l’Occitanie. Elle est également l’emblème le plus respecté et le plus familier de la langue et de la culture occitane.

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Une langue millénaire

La langue occitane ou langue d’oc, est une langue romane, issue du latin. On trouve la première trace du terme de langue d’oc (lingua d’oco) chez le poète italien Dante puis dans des textes administratifs du XIVe siècle (lingua occitana).

L’occitan occupe près d’un tiers du territoire français. C’est une langue parlée dans 34 départements, mais aussi dans 12 vallées italiennes et le Val d’Aran en Espagne. Cette langue à d’ailleurs plusieurs nuances et dialectes dont le languedocien, le provençal, le gascon, le limousin, l’auvergnat et le vivaro-alpin.

Dès le Xe siècle l’occitan s’affirme comme une langue de création littéraire, notamment avec le mouvement des Troubadours. Contrairement aux idées reçues, le Troubadour n’est pas un simple vagabond allant de châteaux en châteaux pour chanter l’amour, c’est avant tout un duc, un noble, sachant écrire. Véritable inventeur de l’amour courtois, le phénomène troubadouresque est surtout représentatif du mode de vie occitan à l’époque médiéval, un monde de Partage et de Convivencia, où les échanges culturels et commerciaux avec le monde méditerranéen sont grands. 

Le mouvement des troubadours occitans pris fin au XIVeme siècle, mais l’influence de ce mouvement culturel se fait encore ressentir aujourd’hui. Dans le nord du royaume de France, on vit apparaître le mouvement des Trouvères, poètes et compositeurs de la langue d’oïl.

En Espagne, les poètes catalans du Moyen-âge écrivent leur poèsie en occitan et au Portugal, le système graphique encore en usage aujourd’hui, est celui qui fut utilisé par les troubadours. En Allemagne, la redécouverte des textes des troubadours au XIXeme siècle fut la base du mouvement Romantique. Et au Japon, l’occitan est enseigné dans plusieurs chaires et se trouve au coeur des recherches sociaux-linguistiques de l’université de Nagoya.

Si aujourd’hui la population de locuteurs « naturels » décroît et vieillit par manque de transmission familiale, l’apprentissage scolaire de l’occitan est, lui, en forte progression et présent de la maternelle à l’université. La langue d’oc est un patrimoine culturel et linguisitique millénaire, une langue moderne et de création artistique et littéraire, présente dans les médias (presse, télévision et radios régionales), l’animation culturelle, le tourisme, l’édition…

Apprenez l’occitan sur la chaine Youtube de Parpalhon Blau :

L’Ostal d’Occitania

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Monument historique

L’Ostal d’Occitania se trouve dans l’ancienne demeure des Capitouls Huc de Boysson et de Jean de Cheverry. Datant du XVe et XVIe siècle cet hôtel appartient à la mairie de Toulouse

Le capitoulat de Toulouse est la forme d’administration communale ayant dirigé la ville de Toulouse aux périodes médiévales et modernes, de 1147 à 1789. Les magistrats de la ville étaient les capitouls, élus chaque année par les différents quartiers de la ville, afin de constituer le conseil municipal.

L’îlot de l’hôtel de Boysson-Cheverry

Un îlot, appelé moulon dans les archives toulousaines, est un ensemble de bâtiments délimité par des rues et des places. La forme de l’îlot et son évolution au fil des siècles nous racontent l’histoire d’une ville, comme les transformations de l’habitat et des manières d’habiter. L’îlot de Boysson-Cheverry est situé sur la rue des Changes, la voie d’axe nord-sud la plus importante de Toulouse depuis l’Antiquité.

Au rez-de-chaussée, les arcades boutiquières témoignent de la fonction commerciale de cette artère, avec un accès aux logements par le passage couvert qui mène de la rue à l’escalier ouvrant sur l’arrière-cour.

Cet îlot – dont la morphologie a peu évolué dans le temps – a une forme carrée. Il est fermé et très construit avec des espaces libres en son centre. Le parcellaire y est hétérogène avec de petites parcelles en lanière, et d’autres plus grandes se développant en cœur d’îlot. À la stabilité du tissu urbain répond une infinie variété de façades, d’ordonnances, de motifs et de matériaux allant du Moyen Âge à nos jours. La richesse patrimoniale de l’îlot tient à ses immeubles autant qu’à ses hôtels particuliers (Hôtels de Vinhas, de Delfau, de Brucelles, de Ricardy, etc.). Selon l’historien C. Mignot, « ces tableaux d’architecture méritent attention et étude ».

L’hôtel de Boysson-Cheverry

Élément remarquable de nos rues, l’hôtel particulier nous semble bien connu. Mais l’est-il vraiment ? Résidence urbaine d’un personnage important, il était traditionnellement habité par une famille et ses domestiques. Son organisation et son décor guident le visiteur, des salles de réception aux pièces plus intimes, en passant, selon les époques, par la tour d’escalier, la cour d’honneur et les salons.

L’hôtel de Boysson‑Cheverry est le fruit de plusieurs campagnes de construction s’échelonnant entre le 15e et le 18e siècle. Suite au grand incendie de 1463, le riche marchand et capitoul Huc de Boysson commande les premiers travaux, dont la tour d’escalier ouvrant sur la cour. Puis, l’hôtel passe aux mains des marchands pasteliers Cheverry et de nouveaux travaux sont entrepris dans la première moitié du 16 siècle. Les styles gothique et renaissance se mêlent donc ici pour le plus grand plaisir du visiteur. Voyez notamment la beauté des détails des fenêtres. Les chardons découpés, le chien enroulé sur lui-même, les chapiteaux à l’antique et les cariatides. Il s’agit de véritables morceaux de bravoure de la sculpture toulousaine.

 

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salle perbòsc
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salle nelli
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salle claret

La maison de l’Occitanie raconte à travers ses murs, une histoire et un héritage. C’est pour cette raison que plusieurs de salles d’expositions ou de réunions, portent les noms de personnages de l’histoire Occitane.

Antonin Perbosc (1861-1944)

Il fut un ethographe et poète occitan. Entre poésie lyrique et poésie narrative, il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, tels que Lo Got occitan ou Libre dels Auzèls. Il fut très actif dans le milieu des félibres et a participé à la fondation de l’Escôla Occitana en 1919 dont le but est le renouveau de l’occitan. Il est élu majoral de Félibrige en 1892.

René Nelli (1906-1982)

René Nelli était un poète occitan, philosophe et historien du catharisme. Il a consacré la majeure partie de son oeuvre à l’étude et au rayonnement de la culture occitane et du dualisme cathare. Il a joué un rôle important dans le connaissance de la culture occitane, notamment en participant à la fondation de l’Institut d’études occitanes en 1945. Il a écrit, entre autres, Entre l’esper e l’abséncia, Spiritulité du catharisme ou Aram de Vertat.

Jean Claret (1932-2001)

Il était considéré comme un défenseur de la culture catalane et occitane. Enseignant à l’université de Toulouse-Le Mirail, il a été le président du Casal Català, l’association de la culture catalane de Toulouse. Membre du Conseil des Communautés catalanes de l’extérieur, il a participé à la décentralisation de la culture. Il a reçu en 1997 le Prix Batista I Roca pour son travail sur la promotion de la Culture catalane dans le monde. Il a également reçu à titre posthume la médaille de la ville de Toulouse.